Le contrat à 7,7 milliards de dollars qui a tout changé.
Il y a des dates qui marquent un tournant dans l’histoire d’un sport. Le 11 août 2025 en est une pour le MMA. Ce jour-là, Paramount Skydance et le groupe TKO, maison mère de l’UFC annoncent la signature d’un accord de droits télévisés d’une durée de sept ans pour un montant total de 7,7 milliards de dollars. Valeur annuelle moyenne : 1,1 milliard de dollars. L’UFC quitte ESPN après sept ans de partenariat. Une nouvelle ère commence et ses conséquences financières et humaines se font déjà sentir.
Un accord historique qui met fin au modèle pay-per-view
Depuis janvier 2026, Paramount+ est la maison exclusive de l’UFC aux États-Unis. Les 13 événements numérotés et les 30 Fight Nights annuels sont désormais diffusés sur la plateforme, sans coût supplémentaire pour les abonnés. Certains événements majeurs sont également retransmis sur CBS, la chaîne gratuite du groupe. C’est la fin d’un modèle qui avait régné pendant des décennies : le pay-per-view à 79,99 dollars par événement disparaît. Dana White résume l’enjeu en quelques mots :
« Ce contrat place l’UFC parmi les plus grands sports du monde. L’exposition offerte par Paramount et CBS est une victoire immense pour nos athlètes. »
Breaking News 🚨UFC has a new home in 2026 only on @paramountplus pic.twitter.com/FUQjemPnBS
— danawhite (@danawhite) August 11, 2025
Pour le consommateur, l’équation est simple. Là où un fan devait payer 12,99 dollars par mois d’abonnement ESPN+ plus 79,99 dollars par événement UFC, soit parfois plus de 200 dollars par mois pour un amateur assidu il lui suffit désormais d’un abonnement Paramount+ à 8,99 ou 13,99 dollars par mois pour accéder à l’intégralité du calendrier. Le modèle de distribution est radicalement bouleversé.
ESPN licencie ses experts : le séisme humain
La conséquence la plus visible et la plus immédiate de cet accord a été humaine. En janvier 2026, ESPN a procédé à une purge complète de son équipe MMA. Le New York Post, premier à révéler l’information, a confirmé que le réseau sportif s’est séparé de la grande majorité de ses experts et commentateurs spécialisés dans les arts martiaux mixtes. Parmi les émissions disparues figure notamment « Good Guy/Bad Guy », la série populaire animée par Daniel Cormier et Chael Sonnen, deux anciennes légendes de l’UFC reconverties en analystes vedettes, arrêtée sans cérémonie.
La logique est implacable : sans droits UFC, ESPN n’a plus de raison de maintenir une infrastructure éditoriale MMA de cette ampleur. Le groupe Disney, qui contrôle ESPN, a fait le choix du recentrage stratégique. En échange de la perte de l’UFC, ESPN a obtenu les droits exclusifs de la WWE à partir de 2026 , un rééquilibrage qui lui permet de conserver une offre de combat sans perdre la face. La PFL, qui conserve des droits avec ESPN pour ses événements 2026, reste présente sur la chaîne avec 16 cartes prévues aux États-Unis cette saison.
Paramount : le pari d’une nouvelle ère
Pour Paramount, ce contrat est le symbole d’une transformation radicale sous la direction de son nouveau PDG David Ellison, fils du milliardaire Larry Ellison. Quelques jours seulement après avoir finalisé la fusion Skydance-Paramount à 8 milliards de dollars, Ellison signe le deal UFC, un signal fort envoyé au marché. La plateforme, qui avait déjà été associée à Bellator MMA avant son rachat par la PFL, opère un virage stratégique massif vers le sport en direct, seul contenu capable de générer des abonnements fidèles et durables.
Le paiement du contrat est « pondéré vers la fin de l’accord » ce qui signifie que les premières années représentent un investissement lourd pour Paramount, dans l’espoir d’une montée en puissance des abonnements à mesure que l’UFC s’installera sur la plateforme. Le risque est réel. Mais l’enjeu l’est encore plus.
Ce que ça change pour les combattants
La grande question que personne ne pose encore assez fort : les combattants vont-ils bénéficier de cet afflux massif d’argent ? Le contrat à 7,7 milliards de dollars ne prévoit aucun mécanisme automatique de redistribution vers les athlètes. Dana White a éludé la question lors de la conférence de presse d’annonce. Le débat sur les salaires UFC relancé notamment par le départ de Francis Ngannou en 2023 reste entier. L’UFC continue de reverser entre 15 et 20 % de ses revenus à ses combattants, contre 48 à 50 % dans les ligues nord-américaines traditionnelles. Avec 7,7 milliards supplémentaires sur la table, le combat pour une meilleure part du gâteau va inévitablement s’intensifier.


